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A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

En venant de St Michel, après l'ancienne école, émergent d'imposantes toitures au-dessus d'une haie à l'entrée du bourg.

C'est le château de Thubeuf,

un château dans l'Histoire

avons-nous écrit en titre du dossier...

En effet, outre les nombreuses familles qui y ont vécu dont la famille Berryer au XVIIIème siècle, deux personnages importants de l'histoire de France ont séjourné à Thubeuf et qui plus est le même jour, un 22 mai, mais pas la même année ....

Pour le premier, Richard Cœur de Lion, Duc de Normandie et Roi d'Angleterre, c'était en 1194 et pour le second, Napoléon 1er, Empereur des Français en 1811.

A plus de 600 ans d'intervalle, ils n'ont certainement pas vu la même bâtisse...

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Nous débuterons cette histoire "Si Thubeuf m'était conté" à la fin du XIIème siècle.

Richard Cœur de Lion (1157-1199) vient de débarquer à Barfleur le 13 mai 1194 avec une véritable armada d'une centaine de navires transportant l'armée royale forte de 5 à 6000 mercenaires. Pourquoi donc tant d'agitation qui donna d'ailleurs lieu à des manifestations de joie dans le port du Cotentin ?

Le Roi d'Angleterre vient remettre un peu d'ordre dans son duché de Normandie que se partagent son frère Jean sans Terre (1166-1216) et le Roi de France Philippe Auguste (1165-1223).

Ce dernier assiège la ville de Verneuil restée fidèle au souverain anglais. Et c'est de Thubeuf où il est arrivé le 21 mai que Richard mène les opérations militaires notamment en empêchant les vivres d'arriver jusqu'aux troupes du Roi de France qui devra lever le siège et s'enfuir le 30.

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Mais à Thubeuf, le Duc de Normandie est-il logé dans "un château-fort" ou n'a-t-il pas plutôt installé son campement dans un champ qui porte, sur la carte ancienne ci-dessus non datée, le nom de "Clos Richard".

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

A propos de "château-fort", il paraît qu'il en existerait un dessin ressemblant étrangement à la forteresse de Doncaster (A vérifier).

Doncaster !!? Doncaster !!? Mais si, rappelez-vous... En 1994, on a fêté le 800ème anniversaire d'une charte signée à Thubeuf par Richard Cœur de Lion le 22 mai 1194 en faveur des bourgeois de cette ville anglaise.

Il y a même une rue Doncaster à St Michel et on a consacré un dossier à ce sujet sur ce blog que vous pouvez retrouver dans la catégorie "Découvertes".

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Avant d'accéder à l'esplanade du bâtiment actuel, le visiteur traverse des fossés qui semblent témoigner de l'existence d'un "château fort".

Toutefois, fin XIIème siècle, cette idée de forteresse est peut-être un peu hâtive.

En effet, dans sa communication sur l'expédition de Richard Cœur de Lion de Barfleur à Verneuil en mai 1194, publiée par l'Association Normande en 2004, Jean-Michel Bouvris, archiviste-historien, conclut par ces mots :

"Si la présence, à cette époque, d'un authentique château à Tuboeuf paraît exclue, on peut se demander s'il n'y avait pas là un espace déjà un peu fortifié."

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Et de poursuivre ainsi :

"Au XIVème siècle, Tuboeuf apparaît en tout cas parmi les forts occupés par les compagnies anglo-navarraises dans cette partie centrale de la Normandie."

Pour confirmer ce propos, trois témoignages de cette période agitée que fut la guerre de 100 ans ...

*** Dans le récit des guerres qui éclatèrent en 1356 entre Philippe de Navarre, soutenu par les Anglais, et Jean le Bon, Roi de France, Masseville fait mention du château de Tubeuf. Après avoir raconté que le Roi Jean poursuivit le duc de Lancastre jusqu'à Tubeuf, près de Laigle, cet historien dit que la paix fut conclue entre le Roi Jean et Philippe de Navarre "mais à condition que le navarrois emploierait ses forces pour faire sortir les garnisons anglaises des châteaux de Tubeuf, de Livarot et des autres lieux qui étaient occupés sous son nom." (Abbé Gaulier La Normandie monumentale et pittoresque 1897).

*** Dans le bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne de 1903, Ch. Vérel nous apprend que "Jean du Merle, seigneur du Merlerault, Gacé, Médavy, Champault et autres lieux eut la douleur de voir les Anglais allumer en 1345 un incendie qui détruisit en partie le bourg du Merlerault et au mois de juin 1356, son château emporté d'assaut et pillé par le duc de Lancastre. L'infortuné du Merle, fait prisonnier, fut interné dans le fort de Thubeuf, et il y demeura jusqu'au moment où les moines de Saint-Evroult consentirent à lui prêter le montant de sa rançon." Un peu plus loin dans le texte, on parle de la forteresse de Thubeuf.

*** Enfin, dans une note, Jean-Michel Bouvris, notre archiviste-historien, nous précise que le traité conclu à Paris le 6 mars 1365 entre Charles V et le Roi de Navarre stipule l'évacuation de Tuboeuf dont l'anglais Robert Chesnel était capitaine en octobre 1364.

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

A l'occasion d'une visite du château par l'Association des Amis de Verneuil en septembre 2012, une brochure a été éditée. Son rédacteur, M. Bernard Lizot, dans l'un des chapitres, a précisé les différents propriétaires des terres de Thubeuf.

C'est ainsi qu'au XVème siècle, on trouve Jean de Tilly (1412) époux de Jeanne de Thibouville, seigneur de Thubeuf et de Boissey-le-Châtel. Il décédera vers 1433 laissant le domaine à sa veuve et leur fille Jeanne.

Cette dernière apportera Thubeuf à la famille de Ferrière par son mariage avec Jean dont elle sera veuve en 1485. En 1503, on note un Pierre de Ferrière, baron de Thubeuf.

Au XVIème siècle, pendant une longue période de 1509 à 1612, c'est la famille de La Vigne qui sera propriétaire de la baronnie de Thubeuf ; une baronnie très importante dont dépendaient une dizaine de fiefs et des bois d'une étendue considérable.

En 1509, le nom de Maurice de La Vigne, seigneur et baron de Thubeuf est cité dans l'aveu de la baronnie de Laigle rendu au duc d'Alençon par René de Bretagne.

Maurice de La Vigne et son épouse Roberte de Pouilly ont eu plusieurs enfants dont François qui sera lui aussi seigneur et baron de Thubeuf vers les années 1555-1604. Officier du seigneur de Carrouges, François de La Vigne prendra part à la révolte des Gauthiers (une révolte paysanne sur fond de guerre de religion) dont il sera un des chefs dans la région. Sa vie aventureuse l'ayant entièrement ruiné ses biens seront saisis vers 1612...

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

En ce début de XVIIème siècle, c'est un certain Adrien Lamy qui acquiert sur saisie la terre de Thubeuf.

Si ce personnage est régulièrement nommé en qualité de conseiller au Parlement de Normandie,

le document ci-dessous, extrait des Ephémérides Normandes, indique qu'il est aussi

"conseiller ordinaire du Roi en tous ses conseils."

(le Roi à cette époque est Louis XIII.)

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...
A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Mais en faisant l'acquisition du domaine de Thubeuf, quel aspect a donc le château de ce nouveau propriétaire ?

A-t-il toujours l'allure d'un château-fort, voire d'une forteresse, ou la Renaissance a-t-elle adouci son architecture ?

Quoi qu'il en soit, pour M. Bernard Lizot " c'est vraisemblablement à Adrien Lamy qu'on doit la construction du château actuel. En effet, l'époque de cette construction et la volonté de paraître du bourgeois enrichi expliquent assez bien cette hypothèse."

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Adrien Lamy se mariera avec Madelaine Ribault et de leur union naîtra une fille unique, Marie, en 1622.

Il meurt le 15 mars 1653 à l'âge de 56 ans.

Il est inhumé dans l'église St Godard de Rouen comme le précise le document ci-dessous extrait de l'Histoire de la Ville de Rouen.

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Avec Marie Lamy, nouvelle propriétaire du domaine de Thubeuf, nous sommes maintenant dans la seconde moitié du XVIIème siècle... sous le règne de Louis XIV.

Marie Lamy se mariera deux fois.

En premières noces, elle épouse Jean Courtin de Givry, conseiller au Parlement de Paris.

En 1654, la baronnie de Laigle dont dépend le fief de Thubeuf est érigée en marquisat. Dans un procès-verbal dressé le 10 mai 1664, il est constaté que Messire Jean Courtin, baron de Thubeuf, a rendu à M. le marquis de Laigle "les foy et hommages qu'il lui doit."

Jean Courtin décède le 27 juin 1689 pour être inhumé dans l'église de Thubeuf comme l'atteste la dalle funéraire de la chapelle seigneuriale...Cliquez sur les photos ci-dessous...

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En secondes noces, elle épouse Charles de Caradas, Maréchal de camp,

mais elle meurt en juin 1693

rejoignant alors son premier mari dans l'église de Thubeuf comme le précise la suite de la dalle.

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A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

En 1689, à la mort de son premier mari, Dame Marie Lamy a 67 ans. Nous n'avons pas la date de son mariage avec Charles de Caradas du Héron mais cette union n'a été que de courte durée puisqu'elle décède en 1693 à 71 ans.

Qui est donc ce Charles de Caradas du Héron ?

Un diplomate... officier... maréchal de camp...

On a cherché sur internet d'autres informations, et s'il n'y a pas d'erreur sur la personne, en 1688, il est "l'envoyé extraordinaire auprès de l'Electeur de Cologne et Prince-Evêque de Liège de Louis XIV."

Il restera à Cologne jusqu'en avril 1689.

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Dans l'index du livre "Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV" de Lucien Bely, le nom de Caradas du Héron est cité à plusieurs reprises.

Dans un ouvrage qu'Emmanuel Péricaut consacre à Michel Chamillart, ministre et secrétaire d'Etat de la guerre de Louis XIV, on apprend que Charles de Caradas du Héron était propriétaire d'un hôtel particulier dans le Marais, rue Charlot, qu'il aurait vendu durant l'été 1698 à ce ministre.

Dans une note de bas de page du même livre, à propos de notre homme, on peut lire :"marquis du Héron, baron de Tubeuf, colonel d'un régiment de dragons envoyé à plusieurs reprises par louis XIV comme ambassadeur en Europe centrale."

Poursuivant nos recherches sur internet, un ouvrage au titre surprenant "Prosopographie des gens du Parlement de Paris (1266-1753)" nous a été proposé avec une référence (1034 COURTIN) et l'indication p 463. C'est tout simplement l'inventaire des membres du Parlement.

Malheureusement, cette page ne s'est pas affichée à l'écran. Seules deux fenêtres avec des informations incomplètes sont apparues. Les voici :

"Elle se remaria à Charles de Caradas, marquis du Héron, colonel d'un régiment de Dragons en 1689 envoyé...... Dragons d'Albert et brigadier d'armée en 1702, mareschal de camp en 1703 tué la même année au combat de Munderkingen..."

"Charles de Caradas du Héron, né à Rouen et baptisé dans l'église St Martin de cette ville en 1667 était fils d'un..... Il mourut le 17 août 1703 des blessures reçues le 30 juillet de cette année à Munderkingen où il avait...."

Bien évidemment, si un lecteur de cet article connaît ce livre, qu'il nous contacte !!!

S'il n'y a pas d'erreur sur la date de naissance de ce marquis du Héron (1667) une question restera sans réponse : pourquoi un tel mariage, celui d'une femme d'un âge certain avec un jeune officier diplomate ?

Peut-être une façon de transmettre un héritage n'ayant pas eu de descendance avec Jean Courtin de Givry ?!

Hélas, le pauvre marquis n'en profitera pas. C'est sa sœur Marie de Caradas qui héritera de la terre de Thubeuf en 1703.

Nous sommes maintenant au XVIIIème siècle... et bientôt (en 1715), sous le règne de Louis XV.

C'est donc Marie de Caradas, née vers 1665, la nouvelle propriétaire.

Elle sera mariée à Pierre le Marchand, né vers 1646, sieur de Bardouville, seigneur de Villers le Chambellan, seigneur du Héron et conseiller au Parlement de Rouen en 1687.

Le couple aura deux filles Marthe et Catherine.

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Jean François Joseph de Gourgues (1670-1734) épousera en secondes noces en 1709 Catherine née vers 1695 (elle avait donc 14 ans ....?!) Il était marquis de Vayres et d'Aulnay.Lui aussi était conseiller au Parlement de Paris, maître des requêtes. C'est à Catherine Le Marchand de Bardouville que sera transmise la propriété de Thubeuf.

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...
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Après la mort de Jean François Joseph de Gourgues, la succession semble avoir été longue ayant duré de décembre 1734 à septembre 1759.

On ne connaît pas la date de décès de Catherine Le Marchand de Bardouville son épouse.

Aucun des 4 enfants n'héritera du domaine de Thubeuf.

Vendu en 1750. il passera encore une fois dans de nouvelles mains.

Nous sommes sous le règne de Louis XV (1715-1774)

En cette première moitié du XVIIIème siècle, le maître des lieux est maintenant Gabriel de Jort de Fribois depuis 1750.

Le 22 novembre 1718, à 29 ans, il a épousé la fille d'un médecin ordinaire du jeune Louis XV, Catherine Marguerite de Vougny.

Dans la brochure sur le château de Thubeuf, au chapitre "Personnalités marquantes" M. Bernard Lizot, nous indique que Gabriel de Jort de Fribois ( 1689-1773) fit toute sa carrière dans les finances de l'Etat et d'énumérer les différents postes occupés :

* Commis des trésoriers de l'Extraordinaire des guerres dans la Généralité de Rouen.

* Receveur payeur des gages des officiers des Parlement, Cour des Comptes, Aides et Finances de Rouen (1710).

* Sous-fermier des Aides (1726-1752).

* Fermier général des poudres et salpêtres (1730-1762).

* Fermier des Billots (droits prélevés sur les vins) de Bretagne (1744-1746).

* Fermier général des Fermes générales unies (1752-1765).

Les Fermiers Généraux étaient des financiers qui prenaient "à ferme" (c'est à dire qu'ils en assuraient le recouvrement) la perception des impôts indirects et l'exploitation des monopoles fiscaux dont ils avançaient le produit à l'Etat.

Ils étaient très impopulaires. On leur reprochait leurs gains élevés, parfois leurs habitudes de corruption à l'égard des grands personnages de l'Etat afin de se les concilier.

Il a fait partie des 65 Fermiers Généraux qui contribuèrent aux dépenses de l'édition des Contes et Nouvelles en vers de M. de La Fontaine en 1762, édition dite des Fermiers Généraux distribuée à 1000 exemplaires.

Gabriel de Jort de Fribois était très fortuné. Il a agrandi considérablement le domaine de Thubeuf qui "s'étendait sur les paroisses de Saint-Ouen, Saint Aubin-sur-Iton, Saint-Martin-d'Aspres, Vitray, Saint-Michel-de-la-Forêt, Crulai, Gournay, les Barils avec le patronege de toutes ces paroisses. Le baron de Thubeuf était seigneur honoraire de Saint-Christophe et Pullay,seigneur des fiefs et terres de Chaussecoq et Héronvilliers." (F.Mouchel 1949)

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De l'union entre Gabriel de Jort de Fribois et Catherine Marguerite de Vougny est née une fille qui restera unique. Elle se prénomme Catherine Madeleine.

En 1739, elle a épousé Nicolas René Berryer, maître des requêtes à cette date.

Elle est riche, jolie et intrigante. De plus, elle est l'amie de Mme de Pompadour, ceci expliquant peut-être la brillante carrière de son mari...

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Quelques mots à propos de Nicolas René Berryer (1703-1762)...

Dès 1628, il est Avocat Général aux requêtes de l'Hôtel. Successivement, il sera Conseiller au Parlement de Paris, Maître des requêtes, Président du Grand Conseil, Intendant du Poitou, Lieutenant de police, Conseiller d'Etat, Ministre d'Etat à la Marine puis Garde des Sceaux. Il exercera toutes ces fonctions sous le règne de Louis XV.

D'après ses contemporains, Nicolas René Berryer était un homme hautain et brutal qui se fit de nombreux ennemis.

Catherine Madeleine de Jort de Fribois aura une fille avec Nicolas René Berryer : Marie Elisabeth qui épousera Chrétien François de Lamoignon de Basville en septembre 1758. Ils auront neuf enfants dont Marie Louise Elisabeth de Lamoignon qui a fait l'objet d'une exposition dans l'église de Thubeuf il y a peu et qui est publiée sur ce blog: Avant la Révolution, Louise-Elisabeth à Thubeuf

Le 30 décembre 1758, Catherine de Vougny décède. Une minute notariale du 25 janvier 1759, prenant acte de ce décès, précise qu'il n'y a pas eu d'inventaire et que la seule héritière est Catherine Madeleine de Jort de Fribois épouse de Nicolas René Berryer Chevalier de Ravenouville, Ministre et Secrétaire d'Etat.

Le 15 août 1762, Nicolas René Berryer meurt. Suite à cet événement, devant notaire, il est notifié, le 19 août, "le consentement de Chrétien François de Lamoignon, marquis de Basville, et son épouse Marie Elisabeth Berryer, fille de Nicolas René Berryer, à la jouissance par Catherine Madeleine de Jort de Fribois, des biens laissés par Nicolas René Berryer son époux."

Si vous souhaitez en savoir plus sur la famille Berryer, cliquez sur ce lien :http://www.berruyer.fr/celebres/genealogie-3-9-berryer-de-ferriere.html

Vers 1773, Gabriel de Jort de Fribois décède et Catherine Madeleine de Jort de Fribois, sa fille unique, veuve de Nicolas René Berryer lui succède. Cette nouvelle dame de Thubeuf prend définitivement possession de l'immense domaine alors que le règne de Louis XVI débute l'année suivante en 1774.

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Nous approchons de la période révolutionnaire.

A l'occasion du bicentenaire de la Révolution Française, un numéro spécial "REGARDS sur Thubeuf " pendant la Révolution a été édité le 13 Prairial, an 198.

Quelques articles concernaient Mme Veuve Berryer....

Cliquez sur l'image ci-contre

puis utilisez les flèches du clavier...

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En ce tout début du XIXème siècle, Mme Veuve Berryer décide de vendre l'immense domaine de Thubeuf qu'elle n'habite plus. (voir la brochure de M. Lizot qui en fait un inventaire précis pages 28 et 29) Elle est domiciliée à Paris, rue de Grenelle, dans le faubourg Saint-Germain.

La vente a lieu le 19 pluviôse an IX (8 février 1801) devant notaires à Paris au profit d'un certain Charles Rémy Labitte demeurant à Paris qui revendra ensuite à M. Leduc de Lillers la partie concernant Thubeuf et à MMme de Caumont La Force celle de Chandai.

Ce siècle avait deux ans quand décède Mme Berryer. Il semble qu'elle soit très âgée : 96 ans est-il écrit dans un article précédent.

Ce qui veut dire qu'elle serait née en 1706 !!??

Est-ce possible, ses parents s'étant mariés le 22 novembre 1718 ?!!

Pourtant dans une archive parlementaire de 1790, on peut comprendre qu'elle a 70 ans en 1779 soit 1709 comme année de naissance.

Nulle part, nous n'avons trouvé de date précise quant à sa naissance aussi faisons-nous appel à un généalogiste pour éclaircir ce mystère....

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...

Nous sommes donc en 1801, Bonaparte est Premier Consul ; dans 3 ans, il sera Empereur...

Le nouveau propriétaire du château de Thubeuf est le Marquis de Lillers...

" Ce marquis de Lillers paraît être Claude-Louis-Michel Le Duc de Lillers qui revient d'émigration pour devenir chambellan de Napoléon 1er et Comte d'empire."

Né en 1761, il s'est marié en 1789 avec Ambroisine d'Estampes et auront 2 enfants.

Son père et son frère cadet ont été guillotinés en 1794 et pour échapper à la Terreur, il a dû émigrer. A son retour en 1800, il demande restitution de ses biens non vendus.

A Paris, il habitera un hôtel particulier construit par son père vers 1760, l'hôtel de Biéville, au n°10 de la rue de la Grange Batelière dans le IXème arrondissement.

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En 1810, il sera chambellan de la Maison de l'Empereur au service ordinaire.

Ci-contre un costume de chambellan.

Pour en savoir plus sur ce sujet, tapez "chambellans de l'Empereur" sur Google.

Le 22 mai 1811, le marquis de Lillers reçoit Napoléon 1er à Thubeuf.

Il vient de Verneuil et a été accueilli vers midi par le Préfet de l'Orne, le Baron de la Magdeleine, à Chandai.

Précisons que le cortège impérial (50 voitures attelées de 259 chevaux de poste) a quitté Rambouillet à 5h du matin et doit arriver à Caen le soir même (ils y seront à 23h).

Objectif de ce voyage : le nord du Cotentin et son port Cherbourg.

Voici ce que publiait le Baron Angot des Rotours en 1912 dans la revue de la SHAO....

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Si nous savons que le Marquis se sépare de son hôtel particulier de Paris en 1822, concernant Thubeuf, il semble céder le château vers 1826 à un général, le Comte de Beaufranchet.

Ce dernier le revendra vers 1847 à la famille Froger des Chênes qui le transmettra par héritage à la famille Beau, actuelle propriétaire.

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...
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Après cette évocation historique, nous vous proposons une vision bien actuelle du château et des extérieurs ...

Comme d'habitude, pour voir le diaporama en grand format, cliquez d'abord sur la photo ci-contre. Bonne promenade !

A Thubeuf, un château dans l'Histoire...
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